Indépendance – Richard Ford
Je connaissais Richard Ford depuis longtemps, je l’avais découvert avec ses recueils de nouvelles comme « Rock Springs » et « Péchés innombrables ». J’avais alors considéré Ford comme un brillant ‘Short Stories Writer’ dans la grande tradition américaine, à l’instar des Hemingway ou autre Raymond Carver.
Et puis j’ai lu Indépendance. Désormais, pour moi, Richard Ford est simplement un grand auteur. Un des meilleurs romanciers contemporain, sans l’ombre d’un doute.
Indépendance est magistral. Richard Ford nous fait vivre le week-end du 4 juillet tel que vu et vécu par son héros, Franck Bascombe, agent immobilier d’une petite ville du New Jersey. Incidemment, il nous fait vivre l’Amérique.
Franck est divorcé avec deux enfants adolescents vivant chez leur mère, remariée. Franck est un agent immobilier qui croit en son métier et qui l’exerce avec enthousiasme et intelligence, pas un des ces escrocs de la profession. Aider un client à trouver sa maison, ce n’est pas une mince responsabilité, et cela a des conséquences sur la vie des gens. Et Franck veut, autant que faire ce peut, aider les gens.
Franck a une amante, Sally, sa bien-aimée avec laquelle tout n’est pas aussi simple que cela pourrait l’être, mais tout n’est pas aussi désespéré que cela pourrait le sembler. (Le premier passage avec Franck et Sally est absolument magistral, une scène de vie tragique et intense tout en finesse et en non-dit subtil qui n’aurait sans doute pas déplu à Nathalie Sarraute)
Et pendant ces quelques 600 pages Ford nous promène dans le sillage à la dérive de Franck Bascombe qui vient s’échouer sur ses clients, sa bien-aimée, son ex-femme, et surtout son fils, Paul, adolescent à problème avec lequel il entreprend une virée de deux jours afin de s’en rapprocher et de l’aider.
Indépendance est un roman dense dans lequel peu de choses se passent. Mais des pans de vie se racontent, s’entremêlent, des atmosphères et des ambiances se créent et nous emportent. C’est un roman atmosphérique, tissant subtilité, grâce et quotidienneté pour nous offrir le tableau de la vie en Amérique par Richard Ford.
Indépendance est le second roman de la série « Franck Bascombe », il fait suite à « Un week-end dans le Michigan » et précède « L’état des lieux » publié récemment. Mais il peut tout à fait, sans mauvais jeux de mot, être lu indépendamment.
Le seul inconvénient à commencer cette trilogie par Indépendance est qu’aussitôt le livre terminé, vous n’aurait qu’une envie, vous procurer les deux autres.
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