Windows on the World - Frédéric Beigbeder

12 septembre 2008 · Littérature française 

Windows on the World est le premier roman de Fredéric Beigbeder que je lis. Je connais un peu l’auteur de réputation, mais sans plus: Je n’ai pas la télé. En tous cas, je ne connais rien de son oeuvre. Pas d’a priori particulier donc.

Le roman se situe le 11 septembre 2001, dans les derniers étages d’une des deux tours du World Trade Center, dans le restaurant panoramique “Windows on the World”. Le narrateur, un texan y prend son petit déjeuner avec ses deux enfants lorsque les avions percutent les tours jumelles. Il s’agit donc du récit de l’évènement, à partir du crash jusqu’à l’effondrement des buildings.

Pour ce qui est de la forme, le récit est déroulé en court chapitres, minute par minute, entre lesquels alternent des chapitres autobiographiques où l’auteur se raconte. L’auteur double du narrateur, qui nous raconte sa vie, son œuvre en cours, l’écriture du livre que nous sommes en train de lire.

Pour ce qui est du style, il est, à mon avis, navrant. Beigbeder fait parler ses personnages en franglais, commence une phrase en français, la termine en anglais, place à tout bout de champ des expressions américaines éculées.
Je n’ai rien contre le franglais, ou l’utilisation d’expressions idiomatiques étrangères dans un récit, mais le minimum est que l’usage en soit justifié. Ses personnages seraient des français immigrés aux Etats-Unis, cela n’en serait pas moins pénible, mais à la limite pourquoi pas. Mais ce n’est pas le cas. On a presque le sentiment que le seul but de la manœuvre est de nous montrer à quel point l’auteur maitrise la langue d’Hemingway. Rien que pour cela, j’ai failli en abandonner la lecture après quelques pages. Pour ce qui est du style, ce n’est sans doute pas le seul reproche que l’on puisse lui faire, avec des métaphores ou allitérations dignes d’une mauvaise composition d’un élève de troisième moyennement doué, mais passons.

Le style, on pourrait le lui pardonner si le reste était en mesure de relever le niveau, mais là encore, ce n’est pas le cas. A mon oreille, tout sonne faux dans ce roman.

Les personnages, archétypes stéréotypés sans finesse ni profondeur (la palme détenue sans doute par les deux traders clients du restaurant), la sincérité de Beigbeder dont on a du mal à se convaincre quand il veut nous faire croire qu’après un tel drame il ne pouvait pas ne pas écrire sur le sujet, écrire autre chose que ce livre, dans son auto-flagellation qui semble avoir pour but qu’on lui tape sur l’épaule en lui disant “mais non, tu n’es pas si mauvais que ça” etc… Même si c’est sans doute dans ces parties autobiographiques que l’on retrouve les passages les plus aboutis et les plus sincères, il s’en faut de beaucoup pour racheter l’ensemble.

En fait, après la lecture de ce livre, il me semble que la seule chose réellement intéressante est l’idée: Décrire de l’intérieur ce qui s’est passé dans les tours pendant le drame.
Malheureusement, une bonne idée ne suffit pas à faire un bon roman.

Mais manifestement, tout le monde ne partage pas mon avis sur ce livre. Il suffit de lire les avis des lecteurs sur la fiche du livre sur Amazon.fr, pour s’en convaincre. Accessoirement, j’ai du mal à comprendre qu’un tel livre ait pu obtenir le prix Intérallié 2003, je me dis que la rentrée littéraire devait être bien triste cette année là.

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